… les responsabilitĂ©s aussi. 😳

Le tĂ©lĂ©travail fait dĂ©sormais partie du quotidien de nombreux travailleurs quĂ©bĂ©cois, mais beaucoup d’employeurs fonctionnent encore sans politique formelle. C’est une zone de risque qu’il vaut mieux combler rapidement.

On vous explique l’essentiel ↓↓↓.

PremiĂšre chose Ă  retenir : en droit, le tĂ©lĂ©travail est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme un privilĂšge accordĂ© par l’employeur, et non comme un droit acquis de l’employĂ©.

Cela dit, ce principe a ses limites. Si le tĂ©lĂ©travail a Ă©tĂ© nĂ©gociĂ© et acceptĂ© dĂšs l’embauche, l’employeur ne peut pas le retirer aussi facilement. Des dĂ©cisions rĂ©centes des tribunaux ont donnĂ© raison Ă  des employĂ©s qui contestaient le retrait de ce mode de travail, le qualifiant de congĂ©diement dĂ©guisĂ©.

La leçon? Mieux vaut encadrer le tĂ©lĂ©travail dĂšs le dĂ©part plutĂŽt que de gĂ©rer les consĂ©quences aprĂšs coup. 🧐

Une bonne politique de télétravail permet de :

  • ProtĂ©ger votre droit de gĂ©rance en prĂ©cisant clairement que le tĂ©lĂ©travail est rĂ©vocable;
  • Éviter les malentendus sur les attentes de part et d’autre;
  • RĂ©duire les risques lĂ©gaux liĂ©s Ă  la vie privĂ©e, Ă  la surveillance et Ă  la santĂ© et sĂ©curitĂ© au travail;
  • Assurer une cohĂ©rence dans le traitement de tous les employĂ©s.es.

Votre politique devrait contenir principalement :

  • Le lieu de travail autorisé : domicile seulement? ailleurs au QuĂ©bec? À l’Ă©tranger? Cette question est importante, car travailler depuis l’Ă©tranger entraĂźne des obligations lĂ©gales supplĂ©mentaires que plusieurs employeurs ignorent.
  • Les critĂšres d’admissibilité : qui peut effectuer du tĂ©lĂ©travail et qui ne le peut pas? Des critĂšres clairs et objectifs Ă©vitent les perceptions d’injustice et les allĂ©gations de traitement inĂ©gal.
  • Les conditions d’exercice : c’est le cƓur de la politique. On y prĂ©cise les heures de disponibilitĂ© attendues, les Ă©quipements fournis, les rĂšgles de sĂ©curitĂ© informatique et les exigences en matiĂšre de confidentialitĂ©.
  • La durĂ©e de l’entente : le tĂ©lĂ©travail est-il accordĂ© de façon permanente ou temporaire? Une entente sans durĂ©e dĂ©finie peut compliquer un Ă©ventuel retour en prĂ©sentiel. Mieux vaut le prĂ©ciser.
  • Le caractĂšre rĂ©vocable du tĂ©lĂ©travail : c’est la clause la plus importante. La politique doit clairement indiquer que le tĂ©lĂ©travail est un privilĂšge que l’employeur peut modifier ou rĂ©voquer, moyennant un prĂ©avis raisonnable.
  • L’engagement de l’employĂ©.e : celle-ci ou celui-ci doit consacrer ses heures de travail Ă  son employeur mĂȘme Ă  la maison. Des dĂ©cisions rĂ©centes ont confirmĂ© que l’utilisation du temps de travail Ă  des fins personnelles peut constituer une faute grave, pouvant aller jusqu’au congĂ©diement.
  • La surveillance et les outils technologiques : si des outils de surveillance sont utilisĂ©s, les employĂ©s.es doivent en ĂȘtre informĂ©.es. Attention : toute surveillance doit ĂȘtre justifiĂ©e, proportionnĂ©e et la moins intrusive possible. Le domicile bĂ©nĂ©ficie d’une protection accrue en matiĂšre de vie privĂ©e et l’employeur ne peut pas s’y immiscer sans limite.

À retenir : une politique de tĂ©lĂ©travail, c’est avant tout un outil de clartĂ© et de protection pour l’employeur comme pour l’employĂ©. Elle n’a pas besoin d’ĂȘtre complexe pour ĂȘtre efficace. Elle doit simplement rĂ©pondre aux bonnes questions, au bon moment.

Si vous n’en avez pas encore, c’est le bon moment de vous en doter. 👍

Besoin d’aide pour rĂ©diger votre politique ? Nous sommes lĂ  pour vous accompagner !

 

Photo par Belinda Fewings