Les collaborations créatives commencent souvent de la même façon : une bonne idée, des expertises complémentaires. 🤩
Et (surtout), on réglera les détails plus tard.
Le problème, c’est que les « détails » finissent parfois par devenir le projet. 😳
Deux studios développent une expérience ensemble.
- Un producteur s’associe à un créateur.
- Une entreprise apporte une technologie, l’autre un univers et une troisième du financement.
Tant que tout va bien, personne ne ressent vraiment le besoin de déterminer précisément qui possède quoi, qui décide de quoi et qui aura droit à quoi.
Puis le projet prend de la valeur. Et soudainement, ces questions deviennent beaucoup plus intéressantes.
D’abord, qui apporte quoi?
Une collaboration ne commence presque jamais avec une page blanche. Chaque partie arrive avec des actifs : une marque, des personnages, du code, une technologie, des concepts, des visuels, du savoir-faire ou parfois simplement plusieurs mois de travail déjà investis.
Il faut distinguer clairement ce qui existait avant la collaboration de ce qui sera créé ensemble. Sinon, au moment d’exploiter, de financer ou de vendre le projet, on risque de découvrir que tout le monde n’a pas exactement la même définition de « notre PI ».
Ensuite, qui possède ce qu’on crée?
« On est partenaires 50/50 » n’est pas une stratégie de propriété intellectuelle.
Il faut déterminer qui détiendra les nouveaux droits, comment chacun pourra les exploiter, dans quels territoires, sur quels médias et pour combien de temps. Il faut aussi penser aux suites, adaptations, produits dérivés, licences et nouvelles versions. Bref, pas seulement au projet qu’on développe aujourd’hui, mais à ce qu’il pourrait devenir demain.
Qui paie, qui décide… et qui encaisse?
Les contributions ne sont pas toujours financières. L’un apporte de l’argent, l’autre une équipe, un troisième une technologie ou une PI existante. Ces contributions doivent être comprises et, lorsque nécessaire, valorisées.
Même logique pour les décisions : budget, direction créative, partenaires, financement, commercialisation, licences. Une collaboration dans laquelle tout doit être décidé ensemble fonctionne très bien… jusqu’au premier vrai désaccord.
Et si ça ne fonctionne plus?
C’est probablement la conversation la moins séduisante au début d’une collaboration. C’est aussi l’une des plus importantes.
Que se passe-t-il si une partie se retire, ne livre pas sa contribution, manque de financement, est vendue ou veut poursuivre le projet autrement? Qui peut continuer? Avec quels droits? Et que devient ce qui a déjà été créé?
Une bonne entente de collaboration n’est pas là pour refroidir l’enthousiasme. Elle permet plutôt de savoir ce qu’on crée ensemble, ce qu’on partage et ce qu’on ne partage pas.
Parce qu’une bonne collaboration peut créer beaucoup de valeur. 👍
Autant savoir, avant de la créer, à qui elle appartiendra.
Phot par charlesdeluvio
