Votre studio développe le prochain jeu qui fera exploser les compteurs sur Steam. Des années de développement, des nuits blanches, des litres de café et un budget qui a connu quelques rebondissements.
Tout est prêt. 🙌
Sauf que votre jeu est entièrement en anglais.
Au Québec, est-ce que ça passe ou est-ce que c’est Game Over? 🤔
Bonne nouvelle : la Charte de la langue française n’oblige pas automatiquement un studio québécois à traduire son jeu en français.
La loi prévoit que les logiciels, y compris les jeux vidéo (ou « ludiciels », pour les intimes du législateur), doivent être disponibles en français, sauf lorsqu’aucune version française n’existe.
En clair, si votre jeu a été développé uniquement en anglais, vous n’êtes pas nécessairement obligé d’en créer une version française. Mais si cette version existe, elle doit être offerte au Québec dans des conditions au moins aussi favorables que les autres versions, avec des caractéristiques techniques au moins équivalentes.
Fin de la partie? Pas si vite. 😳
Parce qu’il y a une différence entre la langue de votre jeu et celle de sa commercialisation.
Votre personnage principal peut parfaitement sauver l’univers en anglais. Mais pour vendre ses aventures au Québec, certaines règles linguistiques continuent de s’appliquer.
Descriptions commerciales, publicités, emballages, documentation, conditions de vente : plusieurs éléments qui accompagnent votre jeu peuvent devoir être disponibles en français.
Et non, publier votre jeu sur Steam, PlayStation Store ou une autre plateforme internationale ne vous donne pas un passe-droit linguistique. Internet n’est pas une zone franche où les lois québécoises disparaissent dès qu’on clique sur « Upload ».
Traduire ou ne pas traduire? Là est aussi la question d’affaires.
La localisation, ce n’est pas simplement passer les dialogues dans un logiciel de traduction et espérer que le boss final conserve son sens de l’humour.
Interfaces, sous-titres, références culturelles, doublage, tests : la facture peut grimper plus vite que le niveau de difficulté.
Pour un studio indépendant, choisir de ne pas développer de version française peut être une décision stratégique parfaitement défendable. À l’inverse, la localisation peut ouvrir de nouveaux marchés et rejoindre des joueurs qui seraient autrement passés à côté du jeu.
Mais attention : ne pas traduire son jeu, c’est une chose. Ignorer les règles entourant sa commercialisation, c’en est une autre.
Avant d’appuyer sur « Publish », mieux vaut donc savoir où le jeu sera vendu, quelles obligations linguistiques s’appliquent et qui, du studio, de l’éditeur ou de la plateforme, doit s’en occuper. 👍
Parce qu’un problème juridique découvert après le lancement, c’est un bug qu’aucun patch ne règle facilement.
Ça peut faire mal. Et contrairement au jeu, vous n’avez pas toujours une deuxième vie.
